De la femme blessée à la femme sacrée, mon expérience

Je m’appelle Véronique Boudarene, prénom et nom que je n’ai jamais aimés… Et pourtant “Véronique” vient du grec “pherenikê” et signifie : porteuse de victoire. Quant à mon nom de famille, on pourrait le voir comme “Bouddah” “Reine”. Que de bons présages, n’est-ce pas…? Je ne le voyais pourtant pas comme ça, je trouvais mon prénom sévère, austère et mon nom me ramenait à mon père avec lequel j’ai eu une relation compliquée et souffrante. N’étant pas fière de mon nom de famille, je voulais me marier jeune pour en changer, rejetant ainsi le “nom du père” et tout ce qui allait avec… Mais la vie en a décidé autrement, j’ai à présent plus de 40 ans et je ne suis pas (encore) mariée.

Une enfance et une adolescence difficiles avaient fait de moi une femme en apparence, forte, impassible, froide même… autant de carapaces pour me protéger, masquer mon hypersensibilité et apparaître toute autre que celle je suis vraiment. J’avais tellement été la petite fille timide, discrète, “à la larme facile” comme disait ma grand-mère, qui n’osait pas prendre la parole par peur de déranger ou d’être rejetée.

Je suis issue d’une famille dans laquelle on ne montre pas ses sentiments, ses émotions, on ne s’étreint pas, ma mère, mes grands-mères maternelle et paternelle étaient comme ça, et sans doute toutes les femmes de ma lignée. Des femmes “fortes”, qui ne “s’écoutent pas”, dévouées corps et âme aux autres mais totalement coupées d’elles-mêmes, des femmes qui s’oublient au profit des autres parce qu’elles pensent qu’elles ne peuvent pas être aimées pour ce qu’elles sont, mais uniquement pour ce qu’elles donnent, des femmes qui ne s’aiment pas…

Une femme qui ne s’aime pas attire inévitablement des hommes qui ne l’aiment pas ou mal. Ca commence par la relation avec le père qui est souvent difficile, père absent ou non investi dans son rôle de père, père déviant ou malveillant, cela se poursuivra dans la relation de couple et parfois même avec les enfants de sexe masculin. Cela peut durer quelques années ou se répéter toute une vie si aucune prise de conscience n’est faite.

C’est ainsi que j’ai vécu pendant de longues années, sans doute la moitié de ma vie, enchaînant les échecs sur le plan sentimental, répétant inlassablement les mêmes schémas, attirant et étant attirée par le même type d’hommes : non investis dans la relation, en couple ou pas libres psychologiquement, infidèles, absents… c’était le seul modèle que j’avais du masculin ! J’ai donc souffert, beaucoup, je n’ai rien pu construire de durable malgré une très forte envie d’avoir une vie amoureuse stable et épanouie. Je voyais autour de moi mes amies, mes cousines se marier pendant que je restais célibataire ou dans des relations chaotiques. “Ma pauvre Véro, tu n’as pas de chance, tu as pourtant tout pour toi”, c’est ce qu’on me disait et ce que je croyais aussi, que je n’avais pas de chance, que j’étais maudite. J’ai compris par la suite que la chance n’avait rien à voir là-dedans et que oui, j’avais “tout pour moi”, j’étais illimitée…

Ma vie a commencé à changer en 2013, suite à une énième relation chaotique, celle-ci fut plus douloureuse que les autres. Et alors que je me croyais encore “maudite” j’ai compris quelques temps après que j’avais reçu là un grand cadeau de la vie : l’opportunité de changer, de sortir des schémas répétitifs et de guérir enfin ! Il aura fallut un long travail de nettoyage, de remise en question et d’introspection pour que je commence à y voir clair, que je comprenne pourquoi je rejouais toujours les mêmes scénarios. Cette période fut aussi l’occasion de changer de cap sur le plan professionnel, j’ai dû sortir de ma zone de confort, ou plutôt d’inconfort, pour aller progressivement vers ma “mission de vie”, ma raison d’être sur cette Terre. Je me suis formée avec succès à la naturopathie, au Reiki, à la nutrition et lorsque j’ai dû déposer le bilan de l’agence de voyages, dont j’étais la gérante depuis 4 ans, dans laquelle j’avais investi beaucoup de temps, d’argent et surtout d’énergie, j’ai été tentée de me poser encore comme victime, je pensais que le sort s’acharnait sur moi une nouvelle fois. Mais avec le recul, j’ai compris que là encore la vie me faisait un cadeau, je ne m’épanouissais plus dans ce travail et rester enfermée 9h par jour dans un bureau m’étais devenu insupportable. C’est mon manque de motivation et d’intérêt qui avaient généré cette faillite, je devais l’accepter et l’assumer ! Comme tout le reste !

A partir du moment où l’on prend la responsabilité de ses actes et donc de sa vie, on ne se pose plus jamais en victime.

C’est tellement plus facile d’accuser l’extérieur, les circonstances, les autres, les dirigeants, la société etc… L’extérieur est le reflet de notre intérieur, l’autre se comporte avec nous comme nous nous comportons avec nous-même, l’autre est un miroir et ce n’est pas dans le miroir que l’on peut changer les choses mais en nous, et uniquement en nous.

Il m’aura fallut du temps et de nombreuses expériences désagréables pour comprendre et intégrer cela. J’ai passé des heures et des heures à lire, regarder des vidéos de développement personnel et spirituel, j’avais acquis un savoir immense mais j’avais l’impression que tout cela ne servait à rien, ma vie ne changeait pas malgré tout ce que je savais. Telle la Papesse du tarot j’apprenais, je me formais mais je restais dans la passivité, dans l’inaction. J’attendais d’être parfaite sans doute pour passer à l’action, pour oser… qui suis-je pour…?

“En laissant notre lumière briller, nous donnons aux autres la permission d’en faire autant. Et lorsque nous sommes libérés de notre peur, notre présence libère automatiquement les autres.”

Cette phrase de Marianne Williamson fut un déclic, après tout qui étais-je pour ne pas…? Pour ne pas être celle que je suis vraiment ? Combien de temps allais-je encore me cacher, me protéger de quoi, de qui d’autre à part moi…?!

Nos seules limites sont celles que nous nous fixons, celles de notre mental.

Vous vous reconnaissez peut-être en lisant ces lignes car mon histoire est à la fois unique (c’est la mienne) et commune car c’est aussi l’histoire de nombreuses femmes. Nous vivons dans une société patriarcale dans laquelle les femmes pensent qu’elles doivent se comporter comme des hommes si elles veulent réussir, si elle veulent être respectées et considérées; c’est aussi ce que je croyais. Mais en agissant ainsi, nous nous coupons de nous m’aime, de notre essence de femme, de notre féminin sacré. Tant que nous sommes déconnectées de nous-mêmes, de notre véritable nature, nous n’avons pas accès à notre puissance, à notre créativité et à tout ce qui fait qu’une femme peut s’épanouir et se réaliser en tant que telle.

Comment fait-on me direz-vous pour passer du féminin blessé au féminin sacré ? C’est la question que je me suis posée pendant longtemps, jusqu’à ce que je guérisse justement la femme blessée en moi. La naissance de ma fille m’a beaucoup aidé dans ce processus de re-naissance, en accouchant d’elle j’ai aussi accouché de moi-même. Cela ne s’est bien évidemment pas fait du jour au lendemain, il a fallut du temps et passer par des moments de grande souffrance. J’ai dû faire face à mes zones d’ombres, à chacune de mes blessures, balayer mes croyances, mes peurs et ôter une bonne fois pour cette armure qui m’empêchait d’être libre et rayonnante.

Cette transformation intérieure a eu un impact immédiat dans tous les domaines de ma vie : couple et sexualité, activité professionnelle et finances, santé physique et morale. C’est comme si j’avais réintégré mon corps après avoir marché à côté de lui pendant de longues années, comme si j’avais été une autre que celle que je suis vraiment. Je me sens ré-unie avec moi-même, alignée avec mon féminin divin, ma déesse intérieure.

Vous l’aurez compris, ce processus de guérison intérieure aura été un travail de longue haleine, plusieurs années de quête, d’errance et de souffrance. J’ai découvert les outils au fur et à mesure, jamais par hasard certes, j’ai toujours été guidée vers ce qui était nécessaire pour moi, que “je” le veuille ou non. A partir du moment où je me suis mise en chemin, je n’ai jamais pu faire marche arrière, même si l’envie était grande de tout laisser tomber et vivre “comme avant”, ce qui était bien évidemment impossible.

J’aurais gagné du temps et me serais, sans doute, épargnée bien des souffrances si j’avais pu être accompagnée par quelqu’un qui était déjà passé par là et qui m’aurait guidée, soutenue et encouragée dans les moments difficiles. Mais j’ai voulu tout faire toute seule, comme une grande, parce que c’était encore ma croyance, que je devais me débrouiller seule puisque je n’avais jamais pu compter sur quiconque. Et puis après tout n’étais-je pas une femme forte et indépendante…? Et pourtant, vulnérabilité n’est pas synonyme de faiblesse, au contraire, c’est même une très grande force. Il en faut du courage pour oser se mettre à nue, demander de l’aide quand c’est nécessaire et s’accueillir inconditionnellement.

Accompagner les femmes à se reconnecter à elles m’aime, à leur puissance intrinsèque est alors devenu pour moi une évidence. Offrir l’opportunité à celles qui le souhaitent (et qui sont prêtes à s’investir) de se libérer de ce qui les empêche d’être qui elles sont vraiment, pour enfin rayonner et permettre ainsi aux autres d’en faire autant.

Chaque femme qui se guérit et se libère devient alors, à son tour, guérisseuse du féminin.

Merci à toutes les femmes qui franchiront ce pas !

 

 

 

 

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